Les Rameaux

Top 50, audimat excellent, passerait à l’Olympia presque à guichets fermés. Il avait fortement attisé la curiosité des badauds mais si peu les bénéficiaires de sa générosité, lui, ce fameux prophète nommé Jésus.

En d’autres temps il eut mérité un Oscar du meilleur guérisseur ou mieux : du meilleur prophète. Il a créé l’événement   sans trop le provoquer, un peu malgré lui, et il n’a pas voulu se distraire de cette envolée affective mais temporaire de la population en liesse …. Les foules ont cette caractéristique d’avoir des réactions primaires, mais presque toujours éphémères et souvent superficielles.

Il n’y avait pas de papamobile à cette époque. Un âne a suffi. Point de gardes du corps, si ce n’est ses apôtres qui devaient se demander ce qui se passait : est-ce le début de la gloire ? Ou le début d’une forme de push politique voire religieux ?

Toujours est-il que Jésus du haut de son âne a entamé une marche apparemment triomphale en pleine capitale. Il n’a rien détruit, ni vitrine ni banque. Il ne portait pas de cagoule car il devait quand même tenir à ce qu’on puisse voir son regard de bonté et de miséricorde, et il devait déjà bien connaître la suite très proche de cette manifestation spontanée et populaire.

Voilà comment on traite celui qui vous veut du bien. Jésus a été applaudi comme sans doute avait dû l’être l’envahisseur César. Ce n’est pas un gage de sincérité.

Curieux quand même, cette façon de faire de Jésus : d’habitude il se retire sans mot dire pour aller prier seul dans la montagne. Sans doute avait-il besoin de se retrouver en pleine foule juste avant de se faire rattraper par la « justice » des Pharisiens, ne serait-ce que pour mettre les manifestants devant leurs propres contradictions. Et quelques jours plus tard, il sera même crucifié en tant que roi des Juifs. On est en plein délire intellectuel, politique, culturel et religieux.

Pas de forces policières, ni de service d’ordre, pas de pharisiens ou de grands prêtres, ou même de Romains … tout cela n’est pas indiqué dans les différents récits. Sans doute voulait-on mettre en valeur, outre la personnalité du personnage principal, l’originalité de sa situation, ou la grande simplicité voire naïveté du peuple d’alors. « Bienheureux les cœurs purs », avait déjà signalé Jésus ; et le peuple devait être un peu de ce genre, sans chercher midi à 14 heures, s’exprimant comme il le pensait réellement à l’instant présent, d’autant mieux qu’on avait dit de ce prophète qu’il avait grand pouvoir ! Et puis ce prophète était social ! il défendait les pauvres, les ouvriers de la dernière heure, les veuves, les orphelins, les handicapés ou paralysés, les sourds et muets, les pestiférés qui ne pouvaient même pas bénéficier de la « CMU » d’alors, tant ils étaient écartés de la société.

Les rameaux c’est sans doute une forme de reconnaissance, de merci pour ces gestes et déclarations qui empêchaient les différents pouvoirs de tourner en rond.

Et encore le peuple ne savait pas ce qui l’attendait : Cet homme sauvait le monde par l’amour, rachetant ainsi les péchés des humains et leur promettant l’éternelle liberté d’aimer. C’était Dieu !

Jean PODEVIN

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