Homélie – 29 novembre 2020 – 1er Dimanche de l’Avent (B)

Homélie et Lectures de la Messe

Homélie:

 

      Homélie Avent1-2020

 

Veillez, restez éveillés ! Voilà l’appel de l’évangile pour démarrer ce temps de l’Avent, cette nouvelle année liturgique… et par lequel j’introduis ce message pour l’Avent. 

Un Avent qui débute de façon bien singulière. Nous avions la possibilité de le célébrer en groupe restreint, limité à 30 personnes, mais nous avons fait le choix, avec l’équipe d’animation paroissiale, de ne pas célébrer la messe d’entrée en Avent. Car il fallait alors choisir entre ignorer ou contourner les mesures légales qui nous sont imposées, soit opérer une sélection entre les membres de notre communauté, en laissant plus de 80% à la porte. Un tel « tri sélectif » est indigne et contraire au sens même de l’eucharistie dominicale qui veut rassembler toute la communauté autour du Seigneur et vivre en communion. Je relève qu’un certain consensus s’établit – incluant évêques, prêtres et diacres,  laïcs, et même au-delà des chrétiens – consensus pour reconnaître cette jauge injuste et inapplicable, sauf pour de petites communautés. Pour ce dimanche, nous conservons les dispositions en vigueur les semaines précédentes, avec ouverture des églises et exposition du Saint Sacrement sans messe , attendant une nécessaire évolution des dispositions  entrées en vigueur ce samedi, avec de vraies mesures sanitaires et non un quota arbitraire. 

Veillez, restez éveillés : l’appel du Christ demeure, même sans rassemblement eucharistique dans nos églises ! Car ce temps d’Avent, et tout spécialement cette année, nous provoque à ne pas nous réfugier dans la nostalgie des années passées ou l’attente de jours meilleurs. Il nous faut vivre cet Avent 2020, nous préparer à la venue du Seigneur, dans les circonstances d’aujourd’hui ! 

Regardons les semaines qui ont précédées la venue de Jésus, loin d’être de tout repos ! Pour Marie et Joseph, il a fallu quitter Nazareth pour Bethléem au motif du recensement ordonné par les Romains,  assumer un long voyage alors que Marie arrivait au terme de sa grossesse ; ils auront de la peine à trouver une place pour que Marie mette Jésus au monde dans une indifférence quasi-générale. 

Cet Avent 2020 nous fait faire ce chemin de Nazareth à Bethléem. Nous sommes peut-être pressés d’aller à la crèche de Bethléem. Ne passons pas à côté de Nazareth ! 

Aujourd’hui, grâce à la Sainte Famille, Nazareth est une ville importante de Galilée… mais à l’époque de Jésus, c’était un petit village perdu dans les monts de Galilée. Un trou dirions-nous , qui fait dire à Nathanaël dans l’Evangile de Jean : : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » ce à quoi l’apôtre  Philippe répond : « Viens, et vois. »

Aussi, commençons cet Avent en nous  attardant un peu à Nazareth ! 

Car Nazareth, c’est un appel à la sobriété, à l’image de la sobriété des évangiles qui résument en une phrase les 12 années d’enfance de Jésus à Nazareth : « l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse ». Cette évocation presque laconique a pourtant fasciné Charles de Foucault. Il a choisi Nazareth pour discerner sa vocation , vivant en ermite chez les Clarisses, qui l’ont embauché comme jardinier. Temps de discernement qui l’amène à dire : «Le bon Dieu m’a fait trouver ce que je cherchais : l’imitation de ce que fût la vie de Notre-Seigneur Jésus dans ce même Nazareth… »

Charles de Foucault y vivait dans une petite cabane , voulant prendre la dernière place. Il nous dit : « Dans ma cabane de planches, aux pieds du Tabernacle des Clarisses, dans mes journées de travail et mes nuits de prière, j’ai tellement bien ce que je cherchais qu’il est visible que le bon Dieu m’avait préparé ce lieu. »

C’est encore lui qui nous enseigne sur la prière :  «  ce qui doit dominer dans la prière toujours, c’est l’amour » . Charles cherchait sa vocation : il l’a trouvée dans une vie humble de travail et d’union à Dieu, retirée et restant pourtant  proche des hommes.

L’Avent nous donne cette opportunité de ne pas trop confiner Dieu dans nos agendas pour lui ouvrir des espaces de cœur à cœur dans la prière. 

Nazareth, c’est aussi la présence cachée de Dieu, qui choisit comme premier abri le cœur  d’un jeune couple , celui de Marie et Joseph, un couple rempli de foi, un couple vivant dans l’attente de la promesse de Dieu. 

Une attente déjà présente chez le prophète Isaïe : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face. Voici que tu es descendu : les montagnes furent ébranlées devant ta face.…Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice ». 

Voilà ce qui se réalise à Nazareth, voilà ce que permet la confiance d’un jeune couple ! Un couple prêt à accepter que Dieu ne vient pas nécessairement par les moyens habituels que l’on prévoit, qu’il peut s’immiscer dans les failles de l’ordre établi.

Alors, pour moi, vivre ce premier dimanche d’Avent vécu à la maison , ce n’est pas rien ! C’est accepter que Dieu nous rencontre autrement que par les moyens convenus, et pourquoi pas chez nous. Un moine bénédictin, belge, le frère Benoît Standaert , m’a fait redécouvrir les paragraphes du catéchisme de l’Eglise Catholique qui parle de la famille comme d’une église, l’église domestique. 

Je vous livre quelques extraits des § 1655 à 1657 :  

« Le Christ a voulu naître et grandir au sein de la Sainte Famille de Joseph et de Marie. Dès ses origines, le noyau de l’Église était souvent constitué par ceux qui,  » avec toute leur maison « , étaient devenus croyants… Ces familles devenues croyantes étaient des îlots de vie chrétienne dans un monde incroyant… 

De nos jours, dans un monde souvent étranger et même hostile à la foi, les familles croyantes sont de première importance, comme foyers de foi vivante et rayonnante. C’est pour cela que le Concile Vatican II appelle la famille Eglise domestique…  C’est au sein de la famille que les parents sont  » par la parole et par l’exemple … pour leurs enfants les premiers messagers de la foi, au service de la vocation propre de chacun et tout spécialement de la vocation sacrée » .

Vos maisons peuvent être ces petites églises : ne négligez pas le témoignage que chacune peut donner, à l’image des affichettes que nous vous proposons de mettre à vos fenêtres pour ce temps de l’Avent et de Noël !

Nazareth, c’est aussi ce lieu où Jésus affirme : « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. ». Nazareth nous appelle à être disciples de Jésus, à être ses frères et ses sœurs, à nous reconnaître frères et sœurs en lui. Nous pouvons alors entendre autrement la parole de Jésus « faites ceci en mémoire de moi » , c’est-à-dire : vivez en communion, développez entre vous la fraternité. Cela rejoint les paroles de saint Paul : 

« En Jésus, vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu…C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout,

et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ.

Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur. »

Ainsi, goûtons ce début d’Avent à Nazareth , dans la prière, ouvrant notre cœur à la promesse de Dieu, dans le témoignage de familles croyantes, dans une fraternité attentive à ne pas laisser de côté le pauvre ou l’isolé. 

Nous pourrons ainsi prendre la route de Bethléem où Jésus se manifestera comme Sauveur du monde. 

 

PREMIÈRE LECTURE

« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ! » (Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7)

Lecture du livre du prophète Isaïe

C’est toi, Seigneur, notre père ;
« Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom.
Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer
hors de tes chemins ?
Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir
et ne plus te craindre ?
Reviens, à cause de tes serviteurs,
des tribus de ton héritage.
Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais,
les montagnes seraient ébranlées devant ta face.

Voici que tu es descendu :
les montagnes furent ébranlées devant ta face.
Jamais on n’a entendu,
jamais on n’a ouï dire,
nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi
agir ainsi pour celui qui l’attend.
Tu viens rencontrer
celui qui pratique avec joie la justice,
qui se souvient de toi
en suivant tes chemins.
Tu étais irrité, mais nous avons encore péché,
et nous nous sommes égarés.
Tous, nous étions comme des gens impurs,
et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés.
Tous, nous étions desséchés comme des feuilles,
et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
Personne n’invoque plus ton nom,
nul ne se réveille pour prendre appui sur toi.
Car tu nous as caché ton visage,
tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.
Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père.
Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes :
nous sommes tous l’ouvrage de ta main.

– Parole du Seigneur.

PSAUME

(79 (80), 2ac.3bc, 15-16a, 18-19)

R/ Dieu, fais-nous revenir ;
que ton visage s’éclaire,
et nous serons sauvés !
 
(79, 4)

Berger d’Israël, écoute,
resplendis au-dessus des Kéroubim !
Réveille ta vaillance
et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l’homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !

DEUXIÈME LECTURE

Nous attendons de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ (1 Co 1, 3-9)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
à vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père
et du Seigneur Jésus Christ.
Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet,
pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;
en lui vous avez reçu toutes les richesses,
toutes celles de la parole
et de la connaissance de Dieu.
Car le témoignage rendu au Christ
s’est établi fermement parmi vous.
Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque,
à vous qui attendez
de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ.
C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout,
et vous serez sans reproche
au jour de notre Seigneur Jésus Christ.
Car Dieu est fidèle,
lui qui vous a appelés à vivre en communion
avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison » (Mc 13, 33-37)

Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.
Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Prenez garde, restez éveillés :
car vous ne savez pas
quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage :
en quittant sa maison,
il a donné tout pouvoir à ses serviteurs,
fixé à chacun son travail,
et demandé au portier de veiller.
Veillez donc,
car vous ne savez pas
quand vient le maître de la maison,
le soir ou à minuit,
au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste,
il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous :
Veillez ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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